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Facebook en Chine, les enjeux

Vous l’avez sûrement déjà lu ailleurs si vous suivez un peu l’actualité du web, Facebook serait en train de s’associer avec le géant chinois de l’internet Baidu pour entrer en Chine. Nombre d’utilisateurs, revenus, concurrence, censure, quels sont les enjeux pour Facebook en Chine.

Assurer la croissance du nombre d’utilisateur

Si Facebook a pu croître relativement rapidement et atteindre ainsi les 500 millions d’utilisateurs, il n’est pas sûr que cette croissance soutenue puisse continuer longtemps, du moins pas en se concentrant sur les pays développés. En effet, Facebook s’est d’abord développés auprès des jeunes, avant de toucher les jeunes adultes, puis les trentenaires et aujourd’hui les cinquantenaires-sexagénaires.

En bref tout le monde est sur Facebook maintenant, des plus jeunes aux plus âgés, pour croître Facebook va donc devoir sortir de son marché traditionnel pour se concentrer d’avantages sur les pays en voie de développement. Dans ce cadre la Chine avec son importante population est de la première importance.

Augmenter ses revenus publicitaires

Corolaire de la croissance du nombre d’utilisateur, la croissance des revenus publicitaires. Alors que la reprise peine à se faire sentir dans la consommation occidentale, les classes moyennes et les nouveaux riches chinois sont au contraire friand de consommation et constituent une cible de choix pour les annonceurs. Le marché chinois pourrait donc être très lucratif pour Facebook.

Contrer la concurrence

L’internet chinois est très dynamique, protégé par la barrière de la langue, et parfois, par la censure de l’État (Facebook et Twitter sont inaccessibles en Chine), de nombreux services se sont développés. Il y aurait ainsi plus de 1’000 réseaux sociaux en Chine, dont les trois principaux RenRen.com, Kaixin001.com et 51.com totalisent des dizaines de millions d’utilisateurs. Il devient donc urgent pour Facebook de se positionner sur ce marché, s’il ne veut pas en être exclu pour toujours.

Un futur succès ?

Si Facebook est le réseau social numéro un en occident, cela ne garantit en rien un futur succès sur le marché chinois. D’autant plus que ce qui fait sa force, son nombre d’utilisateur et sa marque, pourrait être absents. Pour l’instant rien ne dit que cette version chinoise portera le nom de Facebook s’agissant d’une société commune entre Facebook et Baidu.

En outre, cette version devrait être restreinte à la Chine et ne pas communiquer avec l’extérieur, dans ce cas pourquoi les utilisateurs préféreraient-ils Facebook à un autre réseau ?

Enfin, en se pliant aux demandes de censure du régime, Facebook pourrait ternir sa réputation, déjà entachée par des problèmes de protection de la vie privée.

Ces problèmes font que pour certains l’introduction de Facebook en Chine est un échec annoncé. Il semble pourtant impossible à Facebook de ne pas tenter sa chance sur ce gigantesque marché. Et vous, qu’en pensez-vous, Facebook pourra-t-il réussir en Chine ?

 

Logo Twitter

Twitter teste les tweets sponsorisés directement dans la timeline

Twitter a annoncé sur son blog et par tweet qu’elle allait tester l’inclusion de publicités directement dans la timeline des utilisateurs. Ces premiers tests seront réalisés en partenariat avec Hootsuite, qui avait déjà été la première plateforme externe à incorporer les Twitter’s Promoted Trends et les tweets sponsorisés dans les recherches.

Si dans un premier temps ces tweets sponsorisés seront donc limités aux utilisateurs de Hootsuite, il faut s’attendre à les voir arriver prochainement sur les autres plateformes. Twitter promet que ces publicités seront pertinentes et s’intègreront bien dans le fil des utilisateurs.

La récente mise à jour de l’apparence de Twitter.com a permis à la société de mettre plus en avant les tweets sponsorisés, le problème étant qu’un grand nombre d’utilisateurs, surtout les plus actifs, ne passent pratiquement jamais par le site, mais utilisent des clients externes pour se connecter à leur compte et ne voient donc jamais ces annonces. Incorporer ces tweets publicitaires directement dans le fil des utilisateurs devraient donc permettre une plus grande visibilité de ces messages, et donc d’accroitre les revenus de Twitter.

Reste à savoir si les utilisateurs vont accepter ce changement.

France.fr qui est responsable ?

Logo France.frLe magazine Challenges a publié un article intéressant qui nous donne une meilleure vision des acteurs impliqués dans les déboires du site France.fr. Bien qu’essayant de ne pointer personne du doigt, l’article nous permet de mieux comprendre ce qui s’est passé et de dégager les responsabilités des différents acteurs.

Les raisons de la mise hors ligne de France.fr

Contrairement à ce qui a pu être dit et à ce qu’indiquaient les messages d’erreurs sur le site, ce dernier n’a pas été mis hors ligne à cause du nombre élevé de visiteurs, mais en raison des trop nombreux bugs découverts lors de son ouverture au public. En effet, avec une charge de 50’000 visiteurs, charge relativement faible au regard des sites internet les plus populaires, le site n’aurait pas dû devenir inaccessible, ou au moins pas plus de quelques heures le temps d’ajouter quelques serveurs pour mieux répartir la charge.

En réalité, c’est le nombre élevé de page non trouvées (erreur 404) et le changement intempestif de la langue des pages sans que l’utilisateur l’ai demandé, qui a poussé les responsables du site à le mettre hors ligne. Pourtant c’est l’hébergeur Cyberscope qui est le premier à faire les frais de cette débâcle en étant remplacé par la société Typhon.

Le système de gestion de contenu, ou CMS pour « Content Management System », Drupal a également été pointé du doigt comme étant non adapté pour un site de cette taille. Bien qu’utilisé sur le site de la Maison Blanche ou celui de Premier ministre français, il faut une certaine expertise pour monter un site de cette taille sous ce CMS, expertise qui semble avoir fait défaut dans le cas présent. Ce qui nous amène à examiner la responsabilité du concepteur du site.

Appel d’offre et concepteur du site

Le site France.fr a fait l’objet d’un appel d’offre, comme la plupart des projets lancés par l’État. Problème, seules trois sociétés y ont répondu. La société retenue, Modedemploi, est plutôt spécialisée dans les « modes d’emploi, les guides interactifs, et la communication ludo-interactive » et ne comprend qu’une vingtaine d’employés, manquant ainsi d’expérience sur les grands projets. Même en travaillant avec le SIG (Service d’information du gouvernement) la tâche s’annonçait ardue.

Les grandes sociétés spécialisées, comme Overblog ou OVH, qui se proposent maintenant de venir sauver France.fr, auraient donc mieux fait de répondre à l’appel d’offre en 2009, plutôt que de faire des propositions que l’État français ne peut de toute façon pas accepter à cause des règles d’attribution des marchés publics.

S’il est difficile de blâmer de petites PME comme Modedemploi ou Cyberscope, pour le fiasco de France.fr, on peut malgré tout noter un manquement de taille : il n’y a pas eu de test de montée en charge sur le site avant son ouverture au public, ce qui aurait permis de déceler les nombreux bugs qui ont conduit à sa fermeture. Est-ce dû à un manque d’expertise ou de moyen du concepteur et de l’hébergeur du site ? Sans doute un peu des deux, mais il est fort probable que les tests aient étés grandement accélérés pour respecter la date de sortie symbolique du 14 juillet, jour de la fête nationale.

Qui est responsable ?

Les procédures d’attribution des marchés publics ont, dans le cas présent, débouchés sur l’attribution du projet à des sociétés qui manquaient de moyens et d’expérience pour le mener à bien. Mais c’est surtout la volonté de rendre accessible le site le 14 juillet, alors que tous les tests nécessaires n’avaient pas encore pu être menés, qui semble être la raison principale des déboires de France.fr. Qui est responsable de cette décision, le SIG ? Le ministre de tutelle ? Le concepteur du site ? On ne le sait pas vraiment, mais il est clair que ces trois entités ont une part de responsabilité dans la débâcle de France.fr.

Mais que les Français se rassurent, s’ils sont la risée du monde pour l’instant, ils sont encore loin d’avoir atteint le niveau de leur voisin italien, où le site Italia.it a coûté plus de 58 millions d’euro après bien des péripéties.

Edito du dimanche : DailyTech.fr a 1 mois

logo DailyTechUn mois, cela fait déjà un mois que nous avons lancé DailyTech.fr. Plus de 100 articles plus tard, il est temps de faire un rapide retour sur ce premier mois d’existence.

Nous avons beaucoup appris durant ce premier mois, DailyTech.fr étant notre premier site web sérieux. L’élément le plus important à relever est que si produire un contenu intéressant est une condition nécessaire au succès, elle est loin d’être suffisante. Ainsi, l’écriture représente moins de 50% du travail, l’autre moitié étant de faire connaître nos articles, sur Twitter, Facebook ou les différent digg-like francophones.

C’est pour ce travail de communication que vous, lecteurs, pouvez nous aider. Si vous aimez notre site, n’hésitez pas à en parler à vos amis et connaissances, à partager ou aimer nos articles sur Facebook, voter pour nos publications sur les digg-like comme Scoopeo, Wikio ou Fuzz, ou retweeter nos articles.

Pour faciliter cette tâche, nous avons apporté quelques améliorations au site dernièrement. Ainsi, un bouton de retweet Tweetmeme a été ajouté, ainsi que le bouton « aimer » de Facebook, nous venons d’ailleurs de créer une page fan, encore un peu vide pour l’instant. Autre amélioration, vous pouvez maintenant vous abonner aux commentaires par email, ce qui devrait rendre le suivi des discussions dans les commentaires plus simple. Vous pouvez également suivre la publication de nouveaux articles en nous suivant sur notre compte Twitter, où nous postons également quelques liens intéressants, ou en vous abonnant à notre flux RSS.

Nous espérons que ce premier mois sera suivi de beaucoup d’autres, pour que nous puissions continuer à partager notre passion du web avec vous. N’hésitez pas à nous laisser un mot en commentaire pour nous faire savoir ce que vous pensez du site et un grand merci à tous ceux qui nous lisent.

À bientôt sur DailyTech.fr.

Edito du dimanche : Se passer de Microsoft en utilisant le “cloud”

Schéma Cloud ComputingLes dernières semaines ont été riches en nouveautés du côté des services web, entre la sortie de Office Web App, les multiples améliorations de Google Docs et la sortie d’un éditeur de vidéo intégré à YouTubes, les services reposant sur le “cloud” ne cessent de s’améliorer.

Dans le même temps, Google a déclaré souhaiter ne plus utiliser de solutions Microsoft pour des raisons de sécurité. Si les employés de Google restent pour l’instant sur des solutions traditionnelles, que ce soit sous Mac ou sous Linux, il est clair qu’à terme ce seront uniquement les solutions Google qui seront employées, et ces solutions reposent toute sur l’informatique dans les nuages, le “cloud computing”.

En deux mots, le cloud computing c’est l’utilisation de services dont aussi bien le logiciel que les données sont stockés en ligne. On accède généralement à ces services avec son navigateur comme on le ferait pour un site internet. Le site LesNumériques vient de publier un article très intéressant sur le cloud computing et les changements qu’il induit.

Avec le cloud computing, notre ordinateur devient un simple terminal, rien ou presque n’y est installé ou stocké. Dans ce cas pourquoi continuer à utiliser un système Windows ? Un système sous MacOS, mais surtout Linux pourrait tout à fait convenir. Puisqu’il suffit d’un navigateur pour pouvoir accéder à ses programmes et contenus, le système utilisé devient totalement secondaire. De même la machine employée, qu’il s’agisse d’un ordinateur traditionnel, netbook, smartphone ou tablette, devient moins importante, tous les services et données étant accessibles à condition d’avoir une connexion internet. Avec une mobilité plus grande des appareils connectés au net, et l’explosion des réseaux wifi et 3G, l’utilisation de web service ne peut qu’augmenter.

Capture d'une version de développement de Chrome OS

C’est ce mouvement que tente d’accélérer Google en proposant Android sur les smartphone, tablettes et télévision, mais surtout le futur Google Chrome OS pour les netbooks, et éventuellement les PC portables et de bureau dans un second temps. Ces deux systèmes reposent sur un noyau Linux, permettant ainsi de se passer des services de Microsoft ou d’Apple, tout en fournissant un accès très intégrés aux services en ligne de Google.

Mais au-delà de Google, c’est un changement complet de paradigme qu’est en train de connaître tout le secteur informatique. Les solutions de cloud computing sont de plus en plus utilisées par les entreprises, notamment avec les solutions EC2 d’Amazon, et même pour les particuliers l’avenir est au cloud computing. Pour ces derniers, ne pas avoir à administrer leur machine, ne pas devoir se soucier des mises à jour, avoir accès à leurs données de partout et en tout temps, constituent un avantage certain.

Ainsi, Google Chrome OS, le premier système d’exploitation complètement tourné vers le cloud, devrait arriver cet automne sur les netbooks. Son succès dépendra en grande partie des web services disponibles, seront-ils suffisamment complets pour combler les besoins informatiques de la majorité des utilisateurs ?

Pour répondre à cette question, nous nous proposons de nous livrer à une petite expérience, durant la semaine qui vient nous allons tenter de n’utiliser que des webservices pour répondre à nos besoins informatiques. Nous ferons ensuite un bilan pour voir si nous pouvons, pour notre utilisation, d’ors et déjà nous passer des solutions informatiques traditionnelles de Microsoft ou d’Apple.

Edito du dimanche : Le succès du « Good enough »

Photo d'un Asus eeePC 701Tous les jours, nous sommes abreuvés de nouvelles venant du monde entier. Nous n’en retenons généralement que quelques unes, nous ne remarquons pas les tendances de fonds qui s’opèrent. C’est de l’une d’entre elles dont je vais vous parler aujourd’hui.

En 1988, François Mitterand avait un slogan présidentiel pour décrire son projet politique : la force tranquille. C’est un peu ce à quoi nous assistons, une révolution douce, mais belle et bien profonde de la société de consommation. La « Good enough revolution » – comprenez, la révolution du « c’est suffisant » – décrit un changement de valeurs important chez les consommateurs et fait l’objet d’un article très documenté du magazine Wired. Plutôt que de dépenser des sommes astronomiques pour des produits toujours plus sophistiqués, les consommateurs ont désormais tendance à se tourner vers des solutions plus basiques, plus rapides, plus pratiques et plus simples. Plusieurs cas fournissent des exemples frappants de cette nouvelle dynamique.

Le cas des MP3

Le format MP3 est aujourd’hui connu de tout un chacun. Notamment utilisé via la plateforme iTunes d’Apple ou celle d’Amazon, ce format est devenu incontournable pour la musique. En effet, il s’est très vite généralisé sur les plateformes d’échanges P2P (Peer to Peer), comme Napster, l’un des pionniers dans le domaine). Il avait un avantage conséquent : son volume de données réduit grâce à son algorithme de compression. Bien que critiqué par les professionnels pour sa qualité médiocre, le MP3 se diffusait très facilement, puisqu’il était 3 à 10 fois plus léger en comparaison des autres formats non compressés, comme le WAV, et que les connections internet restaient elles, très lentes.

L’industrie de la musique ne comprit pas le potentiel de ce format et ne l’adopta pas. Elle préféra conserver son modèle traditionnel, c’est-à-dire la production d’albums CD. Mais le format devint de plus en plus populaire malgré une qualité discutable, si bien qu’il remit en question le financement des principales majors. iTunes a sans doute sauvé le secteur en proposant une solution moderne satisfaisant consommateurs et entreprises. Le même problème se pose actuellement avec les films et les formats de compression vidéo sans qu’une solution satisfaisante ne soit encore trouvée.

Le cas des netbooks

En 2009, les netbooks se sont vendus comme des petits pains. On en est presque à se demander pourquoi on a attendu autant de temps avant de les imaginer. Alors en quoi les netbooks sont-ils le reflet de cette mutation dont nous nous faisions l’écho ci-dessus ? Tout simplement parce qu’ils sont basiques, simples à utiliser, très portatifs. Ils suffisent pour consulter les emails, naviguer sur internet ou rédiger des notes, là où les ordinateurs portables permettent d’en faire d’avantage. Asus fut l’un des pionniers avec ses eeePC, suivi par la suite par la grande majorité des constructeurs, Apple étant le seul à ne pas s’être engouffré dans la brèche. Les tablettes suivent la même idée.

Le cas du « cloud computing »

Nous avons déjà beaucoup mentionné cette appellation. Le service Google Docs offre un bon exemple de cette pratique. En l’occurrence, il s’agit d’utiliser un traitement de texte directement sur le Web sans passer par un logiciel installé sur l’ordinateur, logiciel et données sont stockés en ligne. Ce type de service est encore très basique dans le sens où les possibilités restent très limitées si on les compare à WORD de Microsoft. Cependant, ce service s’avère souvent suffisant pour les actions les plus courantes tout en restant gratuit.

L’analyse de Francis Pisani

Francis Pisani est un blogueur pour le journal le Monde.fr. Dernièrement, il a publié une réflexion intéressante sur les journaux (d’où est parti ce post). Comme point de départ, il constate depuis plusieurs années des difficultés de financement dans l’industrie dominante aux Etats-Unis (NYTimes, The Washington Post,etc..), comme l’avaient été les grandes majors de musiques. Alors que les journaux traditionnels ne parviennent pas à trouver de modèle économique viable, un nouveau modèle de site d’informations tend à s’imposer en parallèle, incarné par l’exemple « The Huffington Post ». Ce dernier n’est pas un journal traditionnel mais agglomère les news de plus de 3000 spécialistes bloggueurs. Selon Francis Pisani, The New York Times dépasserait légèrement ce dernier avec 13 millions de visiteurs uniques (The Huffington Post est juste en dessous de la barre des 13 millions). Alors que le NYTimes a été créé en 1801, le Huffington Post n’a que 5 ans et dépassera sans doute en revenu le NYTimes.
Les articles du Huffington Post sont plus courts, moins développés et plus lisibles, mais cela semble suffire puisque le site ne cesse de croître en terme d’audience (même s’il existe également des articles plus fouillés).

Ces quelques cas sont étayés par une théorie développée par Christensen. Celui-ci explique que parfois naissent de nouvelles technologies ou approches qui restent au départ minoritaires et ignorées par les acteurs influents d’un secteur (par exemple le NYTimes). Ces derniers se retrouvent parfois menacés après quelques années par lesdites nouvelles technologies/approches.La tendance actuelle semble donner l’avantage aux produits simples, basiques, facilement échangeables et pratiques. Les entreprises qui ne parviennent pas à s’adapter à cette nouvelle donne seront très rapidement sur la défensive. Dans ce cadre, nous pensons que Microsoft devrait souffrir face aux systèmes simples comme Chrome OS de Google ou iOS d’Apple.

iPad, deux semaines après

Apple iPadIl y a deux semaines, j’avouais avoir craqué pour l’iPad, alors même qu’il venait de sortir. Malgré quelques réserves, j’affirmais être totalement emballé. Après deux semaines d’utilisation, qu’en est-il?

Quelques rectifications:
– J’affirmais qu’il n’était pas possible d’écrire avec des accents. Erreur! En fait, il faut laisser le doigt sur la lettre en question, par exemple le « e », ce qui fait apparaître après quelques secondes tous les « e » comportant des accents. Il suffit ensuite de choisir le bon. Forcément, il est impossible d’écrire rapidement avec une telle ergonomie, ce d’autant plus que le dictionnaire embarqué ne semble pas faire les modifications automatiquement. Cela disqualifie l’iPad comme device voué à l’écriture.
– Certains journaux vous piègent. Par exemple, le magazine Wired est vendu environ 5$. A l’achat, nous ignorons si l’acquisition permet un accès à chaque nouvelle édition ou s’il faut souscrire à un abonnement. En fait, c’est un peu plus vicieux que cela. A chaque nouvelle édition, Wired créera une nouvelle application disponible sur l’AppStore qu’il faudra bien évidemment payer. En fait, les journaux ont cru que l’iPad les sauveraient. Je ne le pense personnellement pas et en voici les raisons:

1. Premièrement, les lecteurs ne s’abonneront qu’à un seul quotidien, peut-être à deux. Le prix parfois exorbitant des abonnements exclut plus de deux abonnements.

2. Le lecteur n’a pas le temps de lire quotidiennement 3-4 journaux, voire plus.

Par conséquent, le consommateur effectuera un choix, sans doute orienté par la langue et la réputation du quotidien.

Les bonnes surprises:
– La suite de logicielle iWorks s’avère intéressante. Je l’utilise quotidiennement, surtout Numbers, pour suivre le kilométrage que je fais à vélo et mes dépenses journalières. En effet, l’application embarque des feuilles de log très bien conçues et d’une facilité innée à l’utilisation. Pour un utilisateur comme moi de la suite Office de Microsoft, le changement de culture est positif.
– L’application Pulse est, je le crois, la meilleure solution comme agrégateur de flux RSS. Facile à utiliser et très esthétique.
– L’application mail, embarquée de manière standard sur les iPad, est aussi très pratique. Très basique et épurée, elle fait le job qu’on lui demande. Ni plus ni moins. Attention toutefois, certains articles révèlent des carences de sécurité. Voir ici et ici.
– La qualité des vidéos – et donc de l’écran – est irréprochable. Je dirais même mieux que les netbooks.

Les changements de comportement:
C’est sans doute le plus important. L’arrivée des iPads transforme-t-elle le comportement des utilisateurs face aux ordinateurs? A mon avis oui. Bien souvent, nous sommes tentés de naviguer plusieurs fois par jour sur les sites de nos journaux préférés. Désormais, je consacre 30min à 1h, à la lecture des journaux via mon iPad et je m’y limite. Cela peut aussi être la consultation des flux RSS ou des mails. Cela me permet de faire une bonne sélection des articles que je vais publier ici. C’est sans doute 90% de l’utilisation quotidienne d’une personne lambda.
En revanche, l’iPad n’est pas une station de travail. L’ergonomie pour la mise en page d’un article ou d’un mail devient très fastidieuse et mal appropriée. Je ne parle même pas du copier-coller.

Conclusion:
Cette observation me conduit à dire que l’iPad est un device excellent pour obtenir des informations, mais médiocre pour en diffuser, phénomène amplifié par l’absence du multi-tasking. C’est une faiblesse non-négligeable face aux netbooks, notamment pour les professionnels et les étudiants, les premiers devant rendre des documents de qualité et les seconds ayant des budgets limités. Certains me diront qu’il existe un clavier que l’on peut plugger à l’appareil. C’est vrai, mais l’absence de souris rend difficile la sélection de texte avec le doigt.

Edito du dimanche : les tablettes et l’avenir du PC

Apple iPadLe Computex, un des plus grands salons high-tech, s’est achevé hier à Taipei. Si un enseignement doit être tiré de ce salon, c’est que les tablettes risquent bien d’être partout dans les années à venir. Ainsi, les Taiwanais Asus et Acer ont présenté leurs prochaines tablettes, le premier en présentant même trois dont un livre électronique. Et ils sont loin d’être les seuls, pratiquement toutes les grandes marques ont des projets de tablettes en cours, celle de Dell vient d’ailleurs de sortir en Grande-Bretagne. On peut alors se demander quel est l’avenir du PC face à ces tablettes

Revenons quelques années en arrière. En janvier 2007, le monde de l’informatique se composait essentiellement de laptops et d’ordinateurs de bureau. Entre 2007 et 2008, les smartphones se sont généralisés. En 2009, les netbooks se sont imposés. En 2010, les tablettes semblent monopoliser le devant de la scène. En trois ans seulement, le paysage s’est considérablement transformé et préfigure l’informatique de demain. Les constructeurs semblent donc tous se tourner vers les tablettes, motivés par la réussite des ventes de l’iPad. L’offre de demain se composera donc de plusieurs appareils, présentés du plus mobile au moins mobile :

L'Asus EeePad EP101TC présenté au Computex 2010

1. Le smartphone
2. Le netbook/la tablette
3. Le laptop
4. Le PC fixe

De ce fait, nous pouvons nous poser quelques questions. Tout d’abord, les consommateurs investiront-ils dans chacun de ces produits ou ne sélectionneront-ils que certains d’entre eux ? Par ces temps difficiles, nul doute que tout les monde ne pourra pas acquérir un produit de chacune de ces catégories. Dès lors, il semble que les marchés des netbooks, des tablettes et des laptops se phagocytent quelques peu, nombre de commentateurs n’hésitant d’ailleurs pas à annoncer la fin des netbooks, voir des laptops, remplacés par les tablettes. En effet, on voit mal un consommateur acheter un laptop, une tablette et un netbook, les trois répondant au même besoin de mobilité. Toutefois, l’utilisation de ces appareils risque de segmenter le marché en deux avec d’un côté l’usage privé, davantage orienté sur le loisir, idéal pour l’iPad, et l’usage professionnel, demandant des actions précises et variées, où le laptop et le PC de bureau sont généralement plus appropriés.

Deuxièmement, une tablette est-elle un PC ou appartient-elle à une autre catégorie? C’est la définition même de PC qui est remise en question. A la base, une tablette est mal adaptée pour l’accueil de périphériques, caractéristique importante d’un PC traditionnel. D’autre part, une tablette sans liaison internet perd tout intérêt du fait de l’absence de périphérique (comment ajouter des programmes ou lire des médias sans périphériques de stockage externe p.ex.). En fait, nous assistons à une transformation de la notion même de PC rendue possible par la démocratisation de l’internet à haut débit.

Ceci nous amène au troisième point: pourquoi Apple réussit-il mieux là où Microsoft a échoué. L’idée de la tablette, Microsoft a longtemps essayé de la développer, dès le début des années 2000. Mais la mayonnaise n’a pas pris pour une raison simple : Microsoft est sans doute arrivé trop tôt sur ce créneau, les connexions wifi et 3G ne s’étaient pas suffisamment démocratisées pour pouvoir être connecté partout et en tout temps, réduisant les premières tablettes à n’être qu’un ordinateur portable sans clavier.

Quatrièmement, la tablette peut-elle s’imposer durablement ? A notre avis oui, pour la raison suivante : à l’avenir, ce qui importera sur un PC, c’est d’avoir un navigateur et un accès internet permettant d’accéder à ses mails, à nos journaux préférés ou à Google Docs (ou services similaires) pour nos documents, ce que l’on désigne généralement comme le « cloud », l’informatique dans les nuages en français. Un système d’exploitation traditionnel comme Windows devrait donc perdre à long terme sa raison d’être et céder sa place à des systèmes plus simple comme Android, Chrome OS ou iPhone OS.
Les tablettes symbolisent donc cette mutation profonde du marché des PCs et pourraient bien façonner l’usage de l’informatique de demain.

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